DÉCRYPTAGE - En annonçant la «régularisation» de ses ressortissants clandestins, Alger veut reprendre la main sur le dossier migratoire. À Paris, la mesure est déjà scrutée comme un possible levier pour débloquer les réadmissions.
Par Adam Arroudj
C’est une décision qui a surpris, à Alger comme à Paris. Dimanche 11 janvier, au terme d’un conseil des ministres, Abdelmadjid Tebboune a annoncé une «régularisation» visant des jeunes Algériens «en situation précaire et irrégulière à l’étranger» – une mesure aussitôt lue en France à l’aune du bras de fer sur les réadmissions.
Selon un communiqué officiel, «ces jeunes se trouvent aujourd’hui loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis, souffrent de pauvreté extrême et de misère, et sont réduits à exécuter des tâches humiliantes, tandis que certains sont instrumentalisés contre leur pays». Il ajoute : «De telles situations ne méritent pas toute cette peine car ces jeunes peuvent être instrumentalisés par des milieux criminels mafieux, ce qui risque de salir leur réputation, que ce soit dans le pays où ils se trouvent ou dans celui qu’ils ont quitté».
«Retour des enfants d’Algérie vers leur mère patrie»
Cette «régularisation» est encadrée par deux conditions. D’abord, l’obligation de ne «plus récidiver». Ensuite, une série d’exclusions…