Cette cyberattaque contre le système d’information du fisc a permis d’extraire des données de contribuables et d’entreprises lors d’une opération « plus sophistiquée » que « par le passé », a déploré l’administration fiscale, vendredi.
Le Monde avec AFP
La section cyber du parquet de Paris a ouvert une enquête après la cyberattaque touchant près de 700 000 usagers de l’administration fiscale, a déclaré samedi 15 août le ministère public, sollicité par l’Agence France-Presse (AFP).
Les investigations, confiées à l’Office anticybercriminalité, concernent notamment « l’extraction frauduleuse de données contenues dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en œuvre par l’Etat ». L’enquête englobe également, entre autres, la « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement ».
Cette cyberattaque contre le système d’information du fisc a permis d’extraire des données de contribuables et d’entreprises lors d’une opération « plus sophistiquée » que « par le passé », a déploré l’administration fiscale vendredi. Cette nouvelle attaque informatique d’ampleur pourrait relancer le débat sur la sécurité des systèmes d’information de l’Etat, alors que de précédents épisodes ont émaillé l’actualité ces dernières semaines (ANTS, Insee…).
Quelque 678 000 usagers concernés
Au total, 678 000 usagers, particuliers et entreprises sont concernés. Pour les particuliers, les données dérobées concernent notamment les noms et prénoms, le quotient familial, le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source, a détaillé la directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier.
Les données dérobées « ne permettent pas l’accès au compte sécurisé sur Impots.gouv.fr » a toutefois voulu rassurer le fisc, précisant que les usagers concernés seraient contactés en début de semaine prochaine, notamment pour les avertir des risques d’usurpation d’identité. Pour les entreprises, il s’agit de « données moins sensibles que [pour] les particuliers », notamment le numéro de Siren, l’adresse de l’entreprise, du mandataire, a encore détaillé Amélie Verdier. Matignon a confirmé samedi soir que « les usagers concernés par l’incident » seront « contactés à compter de lundi ».
La justice parisienne voit les cyberattaques intensives se multiplier ces derniers mois en France. En juin, deux pirates présumés, âgés de 22 ans et 15 ans, avaient été mis en examen après le démantèlement du groupe Dumpsec, qui avait ciblé notamment l’Assemblée nationale.
Cette bande s’était spécialisée dans l’extraction et la revente de données informatiques sensibles, avec, à leur tableau de chasse présumé, plusieurs dizaines de millions de données et plus de 1 500 sociétés ou entités (l’enseigne de bricolage Leroy Merlin, diverses fédérations sportives ou des sites médicaux, etc).
La jeunesse des membres du groupe Dumpsec, décrits comme de jeunes hackers « en quête de notoriété et se croyant hors d’atteinte » par la commissaire Julie Benoit, cheffe du pôle des enquêtes cyber à l’OFAC, correspond souvent au CV des pirates qui tombent dans les filets de la justice.