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La justice française perquisitionne dans les locaux de X et convoque Elon Musk

Source: Les Echos:::
Elon Musk est dans le viseur de la justice française. (Photo Shutterstock)
Elon Musk est dans le viseur de la justice française. (Photo Shutterstock)
La justice a perquisitionné ce mardi les locaux de X, ex-Twitter, dans le cadre d'une enquête sur diverses infractions, dont la diffusion de contenus pédopornographiques et des propos négationnistes.

Par Marina Alcaraz

La justice passe à l'action contre un mastodonte de la tech. Une perquisition est en cours, ce mardi, dans les locaux parisiens de la plateforme X (ex-Twitter). L'opération fait suite à l'enquête ouverte en janvier 2025 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, avec l'UNCyber de la gendarmerie et en présence d'Europol.

Parallèlement, la justice veut avoir à faire à Elon Musk lui-même. Des convocations ont été envoyées pour entendre le 20 avril prochain le milliardaire et Linda Yaccarino, l'ancienne directrice générale, en leur qualité de gérants de fait et de droit de la plateforme au moment des faits. Des salariés de X sont également convoqués la semaine du 20 du 24 avril 2026 pour être entendus en qualité de témoins.

Auditions libres

« Les auditions libres des dirigeants doivent leur permettre d'exposer leur position sur les faits et le cas échéant les mesures de mise en conformité envisagées », explique le parquet de Paris dans un communiqué.

Hasard du calendrier, cette annonce arrive au moment même où l'empire de Musk se renforce avec SpaceX, son entreprise spatiale, qui va absorber xAI, sa société d'intelligence artificielle qui développe le robot IA Grok et le réseau social.

Ces annonces démontrent la volonté de la justice de taper fort. Rencontrée à l'automne, Johanna Brousse, vice-procureure, cheffe de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, affichait alors sa détermination sur cette enquête. Faire venir un jour Elon Musk devant la justice ? « Si cela s'avère nécessaire, on fera entendre des dirigeants, comme n'importe quelle personne », assurait-elle aux « Echos ».

L'enquête de la justice française avait été ouverte il y a un peu plus d'an à la suite de signalements reçus, notamment par le député (Ensemble pour la République) des Côtes-d'Armor Eric Bothorel. Le réseau social est suspecté d'avoir modifié ses algorithmes d'affichage de contenus à des fins d'ingérences étrangères.

L'enquête a ensuite été élargie à la suite d'autres signalements dénonçant le fonctionnement de Grok sur la plateforme X, ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes - avec des plaintes de SOS Racisme et de la Ligue des droits de l'homme - et de deepfakes à caractère sexuel.

Propos négationnistes

Dans le premier cas, Grok affirmait notamment que les chambres à gaz du camp d'extermination nazi d'Auschwitz avaient été « conçues pour la désinfection au Zyklon B contre le typhus […] » plutôt que pour des exécutions massives.

Dans le deuxième cas, les utilisateurs pouvaient générer, via Grok, des images sexuellement explicites de personnes réelles, sans leur consentement. Pire encore : certaines de ces images concernaient des mineurs. L'affaire a fait un tel tollé, que X a été obligé à rétropédaler et à bloquer des fonctionnalités.

Dans le détail, les investigations en cours portent sur les infractions pénales suivantes : complicité de détention d'images de mineurs présentant un caractère pédopornographique ; complicité de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée d'image de mineurs présentant un caractère pédopornographique ; atteinte à la représentation de la personne (deepfake à caractère sexuel) ; contestation de crime contre l'humanité (négationnisme) ; extraction frauduleuse de données d'un système de traitement automatisé de données en bande organisée ; falsification du fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données en bande organisée ; administration d'une plateforme en ligne illicite en bande organisée.

Bruxelles sur le front

Le parquet de Paris agit en parallèle d'une autre enquête de Bruxelles. Le régulateur européen a annoncé fin janvier avoir ouvert une nouvelle enquête contre X, tout en élargissant une procédure déjà en cours depuis décembre 2023, pour évaluer les risques systémiques. « La Commission européenne regarde la conformité au DSA tandis que le parquet de Paris s'intéresse aux potentielles infractions commises en France », résume Julien Guinot-Delery, avocat chez Gide.

L'annonce du parquet de Paris risque de tendre un peu plus les relations entre Elon Musk et la justice française et européenne. Le milliardaire américain avait déjà mené une fronde contre le parquet lors de l'arrestation de Pavel Durov (Telegram) en 2024, par J3, en lançant sur X le hashtag « Free Pavel ».

L'homme le plus riche du monde n'a jamais, non plus, caché son mépris pour le DSA, multipliant les provocations sur son réseau social.

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