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Football 5 min de lecture

Maroc - Sénégal en finale de la CAN 2025 : à qui le TAS va-t-il attribuer le trophée ?

Source: France 24::
Qui du Maroc ou du Sénégal remportera le titre de la CAN 2025 devant le TAS ? © Studio graphique FMM
Qui du Maroc ou du Sénégal remportera le titre de la CAN 2025 devant le TAS ? © Studio graphique FMM

Près de neuf mois après la finale chaotique de la CAN 2025, le Maroc et le Sénégal se retrouvent, jeudi, devant le Tribunal arbitral du sport à Lausanne, en Suisse. Les deux nations se disputent le titre de champion d'Afrique, remporté par les Sénégalais sur le terrain mais attribué aux Marocains sur tapis vert. Découvrez le déroulé de cette journée capitale pour le football africain et les arguments des deux fédérations.

Le 18 janvier, le Sénégal avait été sacré champion d'Afrique en dominant le Maroc (1-0) au bout de la prolongation grâce à un but de Pape Gueye. Du chaos aussi : une grande partie des Sénégalais avaient quitté le terrain pour protester contre un penalty accordé aux Marocains dans le temps additionnel et étaient revenus sur la pelouse qu'un quart d'heure plus tard.

Cependant, le 17 mars, la finale a connu un nouveau vainqueur : saisi par la fédération marocaine, le jury d'appel de la Confédération africaine de football (CAF) a prononcé la défaite par forfait du Sénégal sur un score de 3-0 en se référant aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN, qui interdisent de "quitter le terrain avant la fin réglementaire du match sans l'autorisation de l'arbitre".

Le Sénégal a déposé un recours devant l'instance suisse. Et a au passage accusé la CAF de corruption, réclamant l'ouverture d'une enquête internationale sur le limogeage, quinze jours avant la décision d'appel, du juriste djiboutien Yassin Osman Robleh, chargé depuis 2020 de garantir l'intégrité de ses procédures.

Depuis, c'est tout un continent qui est suspendu au verdict. Conscient de l'attention suscitée par la future audience, le tribunal a émis une note à l'intention des médias pour préciser le déroulé de la journée.

Comment se déroulera l'audience ?

L'audience débutera le 8 octobre à 9 h 30 (heure de Paris). Les parties "n’ont pas demandé que l’audience soit publique", précise l'instance. Elle se déroulera donc à huis clos. Les médias sont invités à couvrir l'événement depuis l'extérieur du siège du TAS.

Les représentants de la Fédération sénégalaise de football (FSF) et de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) plaideront tour à tour leur cas. La Confédération africaine de football sera également présente et représentée par ses avocats.

Quand sera rendu le verdict ?

Le TAS s'attend à ce que l'audience se termine dans l'après-midi. "À l’issue de l’audience, la formation arbitrale entamera ses délibérations", précise le TAS, qui "n’est pas en mesure d’indiquer quand une décision finale sera rendue".

La décision sera publiée sur le site internet de l'instance.

Qui va juger le cas ?

Trois juges ont été chargés d'examiner les arguments des deux parties : le Français Gérald Simon, l'Italien Luigi Fumagalli et l'Allemand Ulrich Haas.

Considéré comme une pointure dans le droit du sport, le Français sera celui qui présidera le tribunal. Il aura notamment la tâche d’orienter les débats, mais ne décidera jamais seul.

Les trois juges auront matière à réflexion : "C'est un cas exceptionnel", puisque jamais une sélection ne s'était vue "retirer un titre acquis sur le terrain et entériné par l'arbitre", souligne auprès de l'AFP Thibault Ulrich, chercheur en droit du sport à l'Université de Lausanne.

Ce qui plaide pour le Maroc

Du côté des Lions de l'Atlas, on plaide pour une lecture et une application littérales du règlement de la CAF. Les articles 82 et 84 prévoient en effet qu’une équipe qui quitte le terrain sans l’autorisation de l’arbitre est déclarée perdante 3-0. Le texte ne fixe ni durée minimale d’interruption ni motif susceptible de justifier un tel départ. C'est ce qu'avait plaidé le Maroc face au jury d'appel.

Selon Thibault Ulrich, le jury d'appel de la CAF a fait une "lecture extrêmement stricte" du règlement de la CAN, qui ne tient aucun compte du fait que l'officiel congolais de la finale, Jean-Jacques Ndala, a laissé la rencontre reprendre après le retour des Sénégalais.

Le Maroc pourrait également arguer que les Sénégalais n'avaient pas à se faire justice eux-mêmes, ce qui pourrait créer un dangereux précédent pour des compétitions ultérieures.

Ce qui plaide pour le Sénégal

Du côté du Sénégal, l'argument de la cinquième "loi du jeu" du Conseil de l'association internationale de football (IFAB) devrait être avancé. L'article prévoit que "les décisions de l'arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives, y compris la validation d'un but et le résultat du match". Écho encore plus direct au scénario de la finale, "l'arbitre ne peut pas changer une reprise du jeu", même s'il réalise "qu'elle est incorrecte", ajoute l'IFAB.

Cette règle est renforcée par la "doctrine du terrain de jeu", consacrée de longue date par la jurisprudence du TAS : à moins de prouver que l'arbitre est corrompu ou de mauvaise foi, ses décisions sportives ne peuvent être remises en cause.

"L'objectif [de cette règle] est de préserver l'intérêt des compétitions, décrypte Thibault Ulrich. Leur résultat doit être décidé sur le terrain et sur le moment, pas par des juges a posteriori, sinon on va perdre tous les supporters."

Avec AFP

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