Trois confédérations continentales, dont l’UEFA, aspirent à changer les statuts de la Fédération internationale de football afin de pousser vers la sortie son patron contesté, fragilisé par son projet avorté de création d’une société commerciale.
Par Rémi Dupré
« La séquence politique est folle, c’est House of Cards. » Sous le couvert de l’anonymat, un employé de la Fédération internationale de football (FIFA) compare volontiers le feuilleton à rebondissements autour de son président, Gianni Infantino, à la célèbre série américaine qui met en scène des intrigues à la Maison Blanche. En effet, l’instance est plongée dans l’une des pires crises de son histoire depuis que le dirigeant italo-suisse a été contraint d’abandonner son projet controversé de création d’une société commerciale, le 1er août.
Dans une lettre ouverte adressée à la « famille du football », lundi 10 août, c’est un front uni contre M. Infantino qu’ont présenté trois confédérations continentales. L’Union des associations européennes de football (UEFA), la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) et la Confédération asiatique de football (AFC) ont écrit que le « football n’appart[enait] à aucun individu ».
Dans cette configuration politique inédite, les trois instances souhaitent désormais obtenir rapidement le départ du président de la FIFA, candidat déclaré à un troisième et dernier mandat. Et ce, « de préférence avant l’élection » prévue en mars 2027, glisse une source à l’UEFA. Alors que M. Infantino compte ses soutiens en Asie, en Amérique du Sud et en Océanie – la fédération néo-zélandaise a annoncé, vendredi 14 août, qu’elle « [retirait] officiellement son appui à sa candidature » –, qu’il refuse de rendre son tablier et qu’il menace certaines instances nationales en proie au doute, la suite du feuilleton pourrait relever de l’arithmétique électorale.
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