A la veille du scrutin, le président de gauche, candidat à un quatrième mandat, et son rival d’extrême droite ont défilé avec leurs troupes pour tenter de convaincre les derniers indécis dans une course particulièrement serrée.
Par Anne Vigna et Raphaël Bernard
Les places à l’ombre sont chères en cette chaude matinée du samedi 24 octobre, le long de la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro. Ils sont plusieurs dizaines de milliers de soutiens du président de gauche sortant, Luiz Inacio Lula da Silva, à être venus une dernière fois donner un peu de force à leur champion, qui se présentera au second tour de l’élection présidentielle brésilienne, le lendemain, contre le candidat d’extrême droite, Flavio Bolsonaro. « Il faut que nous nous montrions dans la rue pour lutter pour ce qui est à nous ! », s’enthousiasme Wallace Souza, particulièrement préoccupé par les coupes budgétaires promises par le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2023).
L’ancien syndicaliste a bien besoin de ces soutiens : jamais, depuis le retour de la démocratie au Brésil en 1985, un candidat arrivé comme lui en deuxième position au premier tour n’a réussi à retourner le scrutin à son avantage. L’impressionnante mobilisation autour de sa candidature, dans l’entre-deux-tours, a de quoi lui redonner un peu d’espoir. Dans la plupart des grandes villes brésiliennes, la gauche a réussi à convoquer des manifestations d’une ampleur qui n’avait pas été vue depuis plus d’une dizaine d’années. Mais la plupart des sondages, publiés à une douzaine d’heures de l’ouverture des bureaux de vote, donnent Flavio Bolsonaro avec une légère avance.
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