Le juge Alexandre de Moraes, en charge du procès de Jair Bolsonaro pour tentative présumée de coup d'État, a ordonné mardi une surveillance policière "à temps plein" de l'ex-président brésilien, invoquant un "risque réel de fuite" hors du pays.
Un juge de la Cour suprême du Brésil a ordonné mardi 26 août une surveillance policière "à temps plein" de l'ex-président Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence et sous bracelet électronique, en raison d'un "risque de fuite".
Dans un document judiciaire consulté par l'AFP, ce magistrat, Alexandre de Moraes, a demandé à la police une "surveillance à temps plein" de l'ancien président en "déployant des équipes à l'adresse où l'accusé est assigné à résidence" depuis le 4 août.
Le juge Moraes est en charge du procès de Jair Bolsonaro pour tentative présumée de coup d'État, dont la phase finale se tiendra du 2 au 12 septembre.
Accusé d'avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir "de façon autoritaire" après avoir perdu l'élection de 2022 face à son successeur de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, l'ancien chef d'État d'extrême droite encourt jusqu'à 40 ans de prison.
Le renforcement de la surveillance de Jair Bolsonaro intervient à la suite d'une requête présentée par Lindbergh Farias, un député du parti de Lula, invoquant un "risque réel de fuite" hors du Brésil. Le parquet avait réclamé de telles mesures lundi, après avoir analysé cette requête du parlementaire.
Campagne de lobbying
Pour justifier sa décision, le juge Moraes cite entre autres le fait que le député Eduardo Bolsonaro, fils de l'ex-président, mène depuis les États-Unis une campagne de lobbying pour faire en sorte que les autorités américaines intercèdent en faveur de son père.
Le président américain Donald Trump a dans ce contexte imposé une surtaxe douanière de 50 % à une partie des exportations brésiliennes vers les États-Unis, invoquant une "chasse aux sorcières" contre son allié d'extrême droite.
"Les actes incessants d'Eduardo Bolsonaro depuis un pays étranger montrent la possibilité d'un risque de fuite de Jair Bolsonaro pour échapper à la loi, notamment en raison de l'approche des débats à la Cour suprême", selon le magistrat.
Jair Bolsonaro, 70 ans, est assigné à résidence et contraint de porter un bracelet électronique pour avoir enfreint les mesures lui interdisant de s'exprimer sur les réseaux sociaux. Ces restrictions découlent d'une enquête lancée contre lui pour entrave à son procès. La semaine dernière, la police fédérale a recommandé son inculpation et celle de son fils Eduardo en raison de ces soupçons.
Les enquêteurs ont notamment déclaré avoir retrouvé sur le téléphone de Jair Bolsonaro un document incluant "une demande d'asile politique" en Argentine adressée au président Javier Milei. Un argument rejeté par la défense de l'ex-président, pour qui un "projet de demande d'asile au président argentin, datant de février 2024, ne peut pas être considéré comme un indice de fuite".
Avec AFP
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