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Disney : la bataille de succession s'invite au milieu des succès du box-office et des parcs d'attractions

Source: Les Echos:::
La division qui inclut les parcs d'attractions, comme Disneyland Paris, a franchi la barre des dix milliards de dollars de revenus. (Photo Matthieu Mirville/Zuma/Sipa)
La division qui inclut les parcs d'attractions, comme Disneyland Paris, a franchi la barre des dix milliards de dollars de revenus. (Photo Matthieu Mirville/Zuma/Sipa)

Le géant du divertissement a publié des résultats trimestriels contrastés, avec des revenus en hausse, dopés par l'affluence dans ses parcs à thème et les succès au box-office, mais des profits plombés par les coûts. Le conseil d'administration pourrait choisir un successeur au légendaire Bob Iger cette semaine.

Par Romain Gueugneau

Ce ne sont pas des résultats trimestriels comme les autres que Disney vient de publier ce lundi. Le géant du divertissement se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire, avec le départ prévu cette année de son patron emblématique Bob Iger. Et selon les médias américains, l'annonce de son (sa) successeur(e) pourrait intervenir dès cette semaine, avec une réunion du conseil d'administration prévue au siège californien de Burbank, pour arrêter un choix.

Deux candidats en interne feraient figure de finalistes : Josh D'Amaro, chargé de la division expériences, qui inclut l'activité des parcs d'attractions et croisières ; et Dana Walden, coresponsable de la division entertainment, qui réunit les studios de cinéma et le streaming. Une compétition classique entre les deux piliers du groupe (auquel il faut ajouter la chaîne sportive ESPN) - même si Wall Street a déjà désigné D'Amaro comme favori de la course.

Records de l'activité parcs à thème

Les chiffres du premier trimestre de l'exercice fiscal 2026 (clos le 30 septembre) peuvent être lus à l'aune de cette bataille décisive pour le poste de futur CEO de Disney. Et dans ce contexte, chacun pourra tirer la couverture à soi, avec des résultats qui illustrent les forces et faiblesses des deux grandes divisions.

Pour la première fois de son histoire, l'activité parcs à thème a franchi la barre des dix milliards de dollars de revenus sur le trimestre (+6 %). Le groupe a profité d'une légère augmentation du nombre de visiteurs sur ses différents sites dans le monde, couplée à une hausse des dépenses sur place. A cela s'ajoute la mise en service d'un nouveau bateau de croisière. De quoi doper le bénéfice opérationnel (+6 %), au niveau record de 3,3 milliards.

Le début d'année s'annonce moins faste, toutefois, avec un ralentissement de la croissance dû à des réservations moins importantes de la clientèle internationale dans les parcs américains. Si le groupe reste silencieux sur les raisons de cette désaffection, les règles plus strictes de l'administration Trump sur les entrées aux Etats-Unis et l'impact de la géopolitique sur le tourisme pourraient justifier ces prévisions plus modestes. Les investisseurs ont moyennement apprécié la prudence du groupe pour 2026 sur l'activité des parcs : le titre flanchait de plus de 4 %à mi-séance.

Coûteux succès de « Zootopie 2 » et « Avatar 3 »

Côté divertissement, Disney a profité du carton au box-office des deux films sortis en fin d'année : le troisième opus d'Avatar et la suite du dessin animé « Zootopie ». Outre les recettes directes, ces deux films ont dopé les visionnages sur la plateforme Disney+ des chapitres précédents de ces sagas.

Ces succès s'accompagnent néanmoins d'importants coûts de lancement qui ont en partie plombé le résultat opérationnel sur le trimestre (-35 %). Le groupe peut toutefois se targuer de la poursuite de l'amélioration de la rentabilité de ses services de streaming (+72 %), supérieure aux prévisions initiales. Et les bénéfices devraient encore grimper en ce début d'année 2026.

VIDEO - Comment Disney gagne son argent ?



Au total, Disney a vu ses revenus augmenter de 5 % sur le trimestre à 26 milliards de dollars, mais son bénéfice opérationnel a diminué de 9 %, à 4,6 milliards. « Nous sommes satisfaits de ce début d'année, et nos résultats illustrent bien les progrès considérables déjà réalisés », a commenté Bob Iger, le directeur général, cité dans un communiqué.

« Alors que nous continuons à gérer notre entreprise pour l'avenir, je suis extrêmement fier de tout ce que nous avons accompli au cours des trois dernières années », a ajouté le futur ex-patron, dans une référence à peine voilée à son prochain départ.

Rappelé aux manettes fin 2022, après l'échec de son prédécesseur Bob Chapek, celui qui avait transformé le groupe en rachetant les licences Marvel et Star Wars durant son premier « règne » (2005-2020) peut s'enorgueillir d'avoir redressé la barre, en multipliant les succès critiques et financiers au box-office, en faisant basculer durablement l'activité streaming dans le vert, et en capitalisant sur le succès des parcs d'attractions.

L'héritage ne sera pas facile à porter, et la transition scrutée d'encore plus prêt après le raté Chapek. Mais le groupe centenaire estime avoir les reins suffisamment solides pour franchir ce cap. « Quel que soit le nouveau CEO, il héritera d'une entreprise qui a beaucoup d'élan », a déclaré Hugh Johnston, le directeur financier de Disney, sur CNBC. Vivement le prochain épisode.

Romain Gueugneau

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