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Kenya 2 min de lecture

Se laisser mourir de faim pour « rencontrer Jésus » : au Kenya, le gourou Paul Mackenzie reconnu coupable du meutre de 190 enfants

Source: Le Monde
Le pasteur autoproclamé Paul Mackenzie (de face) et ses coaccusés sont escortés à l’issue du jugement, au palais de justice de Mombasa, le 19 octobre 2026. SIMON MAINA/AFP
Le pasteur autoproclamé Paul Mackenzie (de face) et ses coaccusés sont escortés à l’issue du jugement, au palais de justice de Mombasa, le 19 octobre 2026. SIMON MAINA/AFP

Par  (Nairobi, correspondance)

Lundi 19 octobre, après plus de neuf heures de lecture du jugement, la juge Diana Kavedza a rendu sa décision devant la Haute Cour de Mombasa : Paul Mackenzie et 28 coaccusés sont reconnus coupables du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants. Sur son banc, la tête entre les mains, l’homme de 54 ans semblait pensif. Il avait plaidé non coupable : selon ses termes, il n’a « forcé personne à mourir ». Jeûne volontaire ou meurtres ? C’est la question que treize mois d’audiences ont dû trancher.

Le pasteur autoproclamé est devenu le visage de l’une des pires tragédies qu’ait connues le Kenya. Une affaire qui agite le débat sur l’encadrement des Eglises, dans un pays qui en compte des milliers. En avril 2023, les autorités ont découvert des fosses communes dans la forêt de Shakahola, près de Malindi, sur la côte kenyane. La Commission nationale kényane des droits humains recensera 448 morts et plus de 600 disparus. Ses fidèles et leurs enfants avaient été poussés à se laisser mourir de faim pour « rencontrer Jésus ».

Issu d’une famille modeste de la banlieue de Mombasa, l’ancien chauffeur de taxi a fondé en 2003 à Malindi, une église évangélique apocalyptique, la Good News International Church, après avoir reçu, dit-il, « l’appel » de Dieu. Dans ses sermons, il condamne l’école, la médecine et jusqu’aux papiers d’identité, autant d’œuvres du diable et de l’Antéchrist. En 2019, poursuivi pour incitation religieuse et endoctrinement d’enfants, il ferme son Eglise et sa chaîne de télévision : sa mission, affirme-t-il, est accomplie. S’ouvre alors le chapitre le plus sombre de son mouvement. Loin des regards, il ne prône plus le rejet de l’Etat mais l’injonction à mourir. Ce sont ces années que les audiences ont éclairées.

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