Arrivé au pouvoir en promettant de refonder la relation entre la France et ses anciennes colonies, Emmanuel Macron a dû affronter une succession de crises, en particulier au Sahel. Dans la partie anglophone du continent, Paris peine à se faire une place.
Comme souvent lors de ses – très – nombreux déplacements en Afrique, Emmanuel Macron semble heureux, ce dimanche 10 mai, au moment d’atterrir à Nairobi. Quelques instants plus tard, il sourit encore en étreignant son homologue kényan, William Ruto. « Plusieurs fois, je l’ai vu partir sur ce continent éprouvé, et en revenir regonflé », se souvient Franck Paris, ancien camarade de promotion du président français à l’Ecole nationale d’administration.
Après avoir assisté à ses premiers pas sur le continent, lors d’un stage à l’ambassade de France au Nigeria en 2002, il a été, durant six ans, son puissant conseiller Afrique (2017-2023). Deux tournées africaines en moyenne par an, une vingtaine de pays visités depuis son arrivée au pouvoir – jamais un président français n’était autant allé sur le continent. « Il y aime l’effervescence, la créativité, l’optimisme. Cela fait du bien quand, par ailleurs, on est dans la lessiveuse de la politique française », poursuit l’ancien locataire du vaste bureau du rez-de-chaussée du 2, rue de l’Elysée.
Pourtant, en Afrique aussi, cette quasi-décennie a été tumultueuse pour le président français. Arrivé au pouvoir en promettant de refonder la relation entre la France et ses anciennes colonies, Emmanuel Macron a rarement pu agir comme il l’entendait, sans cesse rattrapé par un réel fait de crises, d’incompréhensions, de contrariétés et de revers. « Malgré lui, Emmanuel Macron a été plongé dans une tempête », estime le philosophe camerounais Achille Mbembe, qui a créé, à Johannesburg (Afrique du Sud), la Fondation de l’innovation pour la démocratie, main dans la main avec le président français.
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