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Les États Unis 5 min de lecture

Stephen Miller, figure de la droite identitaire, devient le nouveau directeur de cabinet de Trump

Source: www.france24.com

Donald Trump le décrit comme l'un de ses "plus fidèles conseillers". Stephen Miller, architecte de sa très offensive politique anti-immigration a été promu directeur de cabinet par le président américain.

Il s'agit du premier grand remaniement au sein de l'exécutif américain après la défaite monumentale enregistrée par le Parti républicain lors des élections de mi-mandat, interprétée comme un rejet en bloc des deux premières années du second mandat Trump.

Le conseiller de 41 ans prendra ses fonctions lundi, à la place de l'actuelle directrice de cabinet, Susie Wiles, selon Donald Trump. Il a indiqué sur son réseau social Truth Social que cette dernière serait appelée à occuper d'autres fonctions dans l'orbite du milliardaire, hors du gouvernement. "Je veux la remercier, elle a fait un excellent travail", a-t-il ajouté.

“Le cerveau de Trump"

Fidèle parmi les fidèles, Stephen Miller était jusque-là l'éminence grise, extrémiste et ultra puissante, derrière les questions de lutte contre l'immigration - la pièce maîtresse du programme du président américain.

Stephen Miller sort régulièrement de la Maison Blanche pour surenchérir devant les caméras sur les commentaires du président, s'en prenant souvent aux journalistes.

Toujours vêtu d'élégants costumes, ses propos font écho aux discours de la droite radicale sur un déclin supposé de l'Occident face à "l'invasion" de migrants. Pour lui, le sujet est existentiel.



L'influence du conseiller serait  tentaculaire, selon le livre "Regime Change" (non-traduit en français), qui décrit un homme prompt à s'en prendre durement à ses équipes.

 "Stephen Miller est le ‘cerveau de Trump’", disait au New York Times Kevin McCarthy, ancien président de la Chambre des représentants, juste avant l'intronisation du président républicain en janvier 2025.

Le “Voldemort” californien 

C'est Stephen Miller, d'après le Wall Street Journal, qui en mai 2025 avait donné l'ordre à l'ICE, la police de l'immigration, de redoubler d'efforts lorsque le nombre d'expulsions quotidiennes s'était révélé inférieur à celui recensé l'année précédente sous Joe Biden.

À Los Angeles, cet ordre a débouché sur une descente de l'ICE dans un magasin de bricolage qui a déclenché des heurts entre manifestants et forces de l'ordre et in fine, sur la décision de Donald Trump de déployer des militaires contre l'avis du gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom.

Le conseiller, qui a grandi à Santa Monica, dans le comté de Los Angeles, avait alors défendu avec force la décision du président face à ceux qui l'accusaient d'autoritarisme.

"On le dit depuis des années, c'est un combat pour sauver la civilisation", avait lancé Stephen Miller, surnommé “Voldemort” par l'entourage de Gavin Newsom, lui prêtant une ressemblance avec le personnage maléfique de Harry Potter.

En janvier, il avait rapidement qualifié de "terroriste" Alex Pretti, un Américain tué par des agents fédéraux à Minneapolis sur fond de manifestations contre la présence de l'ICE, avant de revenir sur ses déclarations, non sans avoir créé la polémique.

Figure montante de la droite identitaire

David Horowitz, un influent idéologue conservateur, lui offre son ticket d'entrée dans les cercles ultraconservateurs, où il croise des figures comme Steve Bannon et Tucker Carlson avant de rejoindre, à 30 ans, la première campagne de Donald Trump. Pendant le premier mandat de Trump (2017-2021), les idées de Stephen Miller semblaient encore marginales.

Il fut un architecte du "Muslim ban", ces restrictions à l'entrée sur le territoire infligées aux ressortissants de pays majoritairement musulmans, qui se sont ensuite heurtées à la justice.

Le conseiller avait aussi soutenu sans réserves son patron lorsque des manifestants pro-Trump avaient pris d'assaut le Capitole, le 6 janvier 2021, pour empêcher la certification de la victoire de Joe Biden.

Réactions démocrates

Le poste de directeur de cabinet, "chief of staff" en anglais, est peut-être le plus stratégique de l'exécutif américain. Il s'apparente en France à celui de secrétaire général de l'Élysée.

Sa fonction consiste à filtrer les informations et les personnes qui ont accès au chef de l'État, tout en huilant au quotidien les rouages de l'action gouvernementale.

Le chef des démocrates au Sénat américain, Chuck Schumer, s'est engagé vendredi à "combattre pied à pied" le nouveau directeur de cabinet de la Maison Blanche, Stephen Miller, qu'il décrit comme "l'architecte des politiques les plus barbares et inhumaines" du gouvernement Trump.

"Donald Trump n'a rien appris de sa défaite historique", a déclaré Chuck Schumer sur les réseaux sociaux, quelques jours après la déroute des républicains aux élections de mi-mandat, ajoutant que le président américain "n'aurait pas pu faire un pire choix" que Stephen Miller, actuel conseiller du milliardaire républicain et partisan d'une ligne dure contre l'immigration.

"Stephen Miller est un xénophobe dangereux et un extrémiste fou qui a du sang américain sur les mains", a de son côté protesté Hakeem Jeffries, meneur des démocrates à la Chambre des représentants, l'autre composante du Congrès américain.

Avec AFP


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