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Mondial 2026 : la Fifa a-t-elle favorisé la qualification de la RD Congo ?

Source: France 24::
Lionel Mpasi est le gardien des Léopards de la RD Congo. © Molly Darlington, Getty Images via AFP
Lionel Mpasi est le gardien des Léopards de la RD Congo. © Molly Darlington, Getty Images via AFP

Selon une enquête du Monde, la Fifa aurait ignoré une recommandation de ses juristes et son propre code de discipline en ne sanctionnant pas la RD Congo, après l'alignement d'un joueur inéligible lors des barrages africains puis intercontinentaux pour le Mondial 2026.

Présent à la Coupe du monde pour la première fois depuis 1974, la RD Congo a été une des sensations du Mondial 2026. La bande de Chancel Mbemba a tenu tête au Portugal de Cristiano Ronaldo, s'est extirpée des poules pour finalement tomber la tête haute en 16e de finale face à l'Angleterre, qui finira troisième de la compétition. Mais l'épopée n'aurait peut-être jamais dû avoir lieu. C'est ce que révèle une longue enquête du Monde.

Selon le quotidien français, les Léopards auraient aligné un joueur inéligible lors de plusieurs matches décisifs. Et la Fifa, pourtant informée, aurait décidé de passer outre son code de discipline, ainsi que la recommandation de ses juristes.

L'affaire débute lors de la finale des barrages africains opposant la RD Congo au Nigeria. Sur le terrain, les Léopards l'emportent aux tirs au but ((1-1, 4-3 t.a.b). Cependant, en coulisses, la Fédération nigériane de football (NFF) dépose un recours pour fraude aux passeports auprès de la Fifa, soupçonnant plusieurs joueurs congolais d’être inéligibles pour des raisons de nationalité. Une requête jugée irrecevable par la Fifa pour des questions de délai.

Lionel Mpasi inéligible ? 

Pourtant, selon des documents internes consultés par le Monde, les juristes ont bien enquêté. Et s'ils n'ont trouvé rien de répréhensible dans un premier temps, des investigations poussées menées avant la finale du barrage intercontinental face à la Jamaïque ont révélé l'inéligibilité du gardien Lionel Mpasi.

Appelé pour la première fois en sélection en octobre 2021, il a honoré sa première cape en février 2022. Depuis, il est devenu un cadre de la sélection, un leader souvent appelé à s'exprimer devant la presse après les matches. Celui qui joue actuellement au Havre possède la double nationalité franco-congolaise. Il a d'ailleurs fait ses armes parmi les équipes de France de jeunes. Or, si la Fédération congolaise (Fecofa) a bien lancé le processus de changement de nationalité sportive en 2021, celui-ci n'a jamais abouti, découvrent les juristes.

Une révélation qui perturbe toute l'intégrité des qualifications africaines pour la Coupe du monde, déjà chamboulées par un changement tardif de règlement ayant permis au Cameroun et au Nigeria, pourtant mal embarqués, de disputer les barrages africains. Dans les deux cas, le grand perdant s'appelle Burkina Faso.

La jurisprudence est très claire : de manière systématique, des matches ont été déclarés perdus par forfait quand un joueur a été reconnu inéligible par la fédération internationale. C’est ce qui est notamment arrivé à la sélection sud-africaine, coupable d’avoir aligné Teboho Mokoena. Ce joueur a été déclaré inéligible, contre le Lesotho en mars 2025, lors des qualifications du Mondial 2026. Ce qui lui avait coûté trois points dans les éliminatoires et avait grandement compliqué la qualification sud-africaine. 

Cependant, les recommandations des juristes vont être ignorées, laissant la RD Congo gagner sa place à la Coupe du monde sur le terrain face à la Jamaïque à la fin du mois de mars 2026 (1-0). Selon Le Monde, Gianni Infantino et le secrétariat général auraient soigneusement fermé les yeux. Même si la Fifa affirme rejeter "catégoriquement toute suggestion selon laquelle le président de la Fifa interviendrait dans ces procédures".

Pourquoi la Fifa a choyé la RD Congo ?

Malgré ce démenti d'une intervention du président de la Fifa, le Monde affirme que ce dernier aurait cherché à protéger l'un de ses proches, Véron Mosengo-Omba. Suisse d’origine congolaise, il a fait ses études de droit avec le président de la Fifa à l’université de Fribourg. Il a également dirigé la campagne de ce dernier à la présidence de la Fifa, en 2016, avant de devenir le directeur de la division des associations membres de l’instance internationale.

Entre 2021 et 2026, il a été secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF) et était vu comme celui qui permettait à Infantino d'avoir la main sur le football africain, derrière le président Patrice Motsepe. Critiqué, il a été contraint à la démission le 29 mars.

Le Monde lie cet évènement à l'absence de sanctions de la Fifa contre l'équipe de la RD Congo. Gianni Infantino aurait voulu exfiltrer son ami depuis la CAF vers la tête de la Fecofa, une présidence que Véron Mosengo-Omba a obtenue en mai dernier.

Il faut également rappeler que le président de la Fifa se présente pour un troisième mandat à la tête de l'instance. Or, la Confédération africaine de football (CAF), qui représente 54 des 211 pays membres de la FIFA, représente un électorat clé pour le scrutin. Et elle aura d'autant plus d'importance que Gianni Infantino fait désormais face à une fronde de la plupart des confédérations en raison de son projet, finalement avorté, de création d’une société commerciale ouverte à des investisseurs privés concernant la Coupe du monde. 

Contactés par le Monde, ni Lionel Mpasi, ni les fédérations congolaise, burkinabé, nigériane et jamaïcaine n'ont répondu aux sollicitations.

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