Le premier roman de l’écrivain québécois d’origine haïtienne est l’un des succès de la rentrée littéraire. La polémique a été impulsée par un compte anonyme sur le réseau social X, qui prétend s’appuyer sur un outil de détection baptisé « Pangram ».
Par Olivier Clairouin, Florian Reynaud, Nicolas Six et Michaël Szadkowski
Des mots. Du chant. De la lecture. De la guitare. Du rire. Des voix qui se brisent. Des émotions liées aux parcours et à l’humanité des migrants. C’est ainsi que Thélyson Orélien, écrivain et émigré haïtien vivant au Québec, a voulu rendre compte, mardi 22 septembre, du récit de Jonas : ce personnage est la figure centrale de son livre, C’était ça ou mourir, un roman paru en France le 19 août chez Grasset (272 pages, 21,50 euros). Sur la scène de la Maison de la poésie, dans le 3e arrondissement de Paris, où l’auteur de 38 ans était l’invité d’une rencontre littéraire et d’une lecture musicale du texte, il n’y avait qu’une absente : l’intelligence artificielle (IA). « C’est un livre qui a une âme. Et avoir une âme, c’est le propre des humains », a seulement conclu la journaliste Marie-Madeleine Rigopoulos, sous les applaudissements, après avoir interviewé l’auteur pendant une quarantaine de minutes.
Lors de cet entretien public, la question qui fâche n’a pas été posée : Thélyson Orélien a-t-il eu recours à des logiciels d’IA générative au cours de la rédaction de son livre ? Depuis vingt-quatre heures, le sujet agite pourtant les réseaux sociaux, les rédactions et sa maison d’édition. Et dans la salle, outre des amoureux de la poésie, se trouvaient des journalistes de France Inter, de l’Agence France-Presse (AFP) ou de RTL, venus guetter une éventuelle réaction du Canadien sur le sujet.
Il vous reste 84.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.