« Nous espérons vivement que le sommet […] ne sera pas vain », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, avant de se rendre au sommet de l'Otan qui démarre ce mardi à Ankara.
L'Ukraine ne se laisse pas faire. Au lendemain de bombardements russes particulièrement intenses, qui ont fait au moins 28 morts, dont 26 à Kiev et dans sa région, selon les autorités, l'Ukraine a lancé une nouvelle vaste attaque aérienne dans la nuit de lundi à mardi.
Depuis le soir jusqu'à 6 heures du matin, plus de 430 drones ont été tirés en direction de la région de Moscou. Selon le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, « la plupart ont été neutralisés par les forces de défense aérienne à des distances éloignées. Trente-six drones ennemis ont été détruits à l'approche de Moscou », a écrit l'édile russe sur les réseaux sociaux.
Des « frappes répétées » de missiles ukrainiens ont, par ailleurs, fait au moins un mort et provoqué l'incendie d'une « infrastructure » dans la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, selon le gouverneur régional par intérim Alexandre Chouvaïev.
Kiev a visé des sites industriels et la flotte fantôme russe
Dans la matinée, Kiev a affirmé que ces attaques de drones avaient notamment frappé l'usine, située à Bryanks, de Kremniy El, le deuxième plus grand fabricant russe de puce qui fournit notamment l'armée russe notamment pour équiper les missiles Iskander. Une usine chimique produisant des explosifs mais aussi du carburant pour missiles a également été touché. De même que le dépôt pétrolier de l'aéroport de Belgorod et plusieurs installations logistiques de l'armée russe.
Par ailleurs, Kiev affirme avoir aussi touché plusieurs navires russes qui étaient ancrés dans la mer d'Azov. Parmi eux, selon le commandant des forces spéciales ukrainiennes au moins 8 pétroliers de la flotte fantôme russe ont été touchés. Mais aussi un cargo et un ferry-boat. Plusieurs de ces bâtiments ont été gravement endommagés et étaient en feu, affirme le commandant ukrainien qui a publié une vidéo sur les réseaux sociaux.
Besoin de missiles intercepteurs
Ces frappes ukrainiennes ont aussi été menées alors qu'un sommet de l'Otan démarre mardi à Ankara. A cette occasion, les alliés européens de l'Ukraine comptent réaffirmer leur soutien au président ukrainien Volodymyr Zelensky, invité du dîner inaugural offert par le président turc Recep Tayyip Erdogan.
« Nous espérons vivement que le sommet […] ne sera pas vain », a déclaré le président ukrainien dans son message en ligne quotidien lundi soir, disant attendre de ses alliés occidentaux « des décisions » en « matière de sécurité ». Ces derniers jours, Volodymyr Zelensky a notamment réclamé une licence à Washington pour des missiles Patriot, qui permettraient une meilleure couverture défensive du ciel ukrainien. Le président ukrainien devrait échanger à Ankara sur ce sujet directement avec Donald Trump.
Selon des sources diplomatiques, les pays européens de l'Otan et le Canada vont à l'occasion du sommet s'engager à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027.
La défense antiaérienne du pays manque de munitions. Dans la nuit de dimanche à lundi, les bombardements russes ont à nouveau percé la défense ukrainienne et notamment des missiles balistiques.
Une des plus grandes raffineries russes touchée
Ces dernières semaines, l'Ukraine a, de son côté, intensifié ses frappes en profondeur en Russie, visant particulièrement les infrastructures d'hydrocarbures pour tenter de tarir la manne financière de Moscou. Lundi, l'armée ukrainienne a revendiqué une attaque sur la raffinerie d'Omsk, éloignée des frontières de l'Ukraine de quelque 2.500 km. Il s'agit de l'une des plus grandes raffineries du pays et la plus éloignée atteinte par Kiev depuis le début du conflit.
Le gouverneur de cette région sibérienne, Vitali Khotsenko, a confirmé sur Telegram que le site avait été attaqué, précisant que les services de secours travaillaient sur place et que l'attaque n'avait pas fait de victimes. Moscou avait, par ailleurs, indiqué avoir abattu 613 drones ukrainiens dans la nuit de dimanche à lundi sur 626 lancés contre les régions russes et la péninsule de Crimée annexée, où une personne a été tuée.
Le bilan des frappes russes de lundi s'alourdit
« Le bilan de la frappe russe de la nuit du 6 juillet à Kiev s'élève désormais à 19 morts », expliquent ce mardi les autorités de la capitale ukrainiennes. Selon la même source, lors de ces attaques, 76 personnes dont 7 enfants, ont été blessées. Parmi elles, 24 ont été hospitalisées.
Les Echos, avec agences