Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé dimanche un «D-Day économique» contre l’Iran pour lundi.
Par Le Figaro avec AFP
Donald Trump a affirmé lundi 24 août sur sa plateforme Truth Social que l’Iran «s’effondrait complètement», à quelques heures de l’annonce des détails de sanctions économiques américaines contre Téhéran.
«L’IRAN S’EFFONDRE COMPLÈTEMENT!!!», a estimé le président américain, alors que le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait annoncé la veille un «D-Day économique» contre l’Iran pour lundi, en référence au Débarquement allié de 1944 en France.
Face à une guerre de plus en plus impopulaire aux États-Unis, et à l’approche des élections américaines de mi-mandat, l’administration Trump privilégie désormais la «guerre économique» aux frappes sur l’Iran. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé pour lundi, dans une tribune publiée dans le Financial Times, un «D-Day économique» contre l’Iran, en référence au Débarquement allié de 1944 en France.
Un «aveu de défaite»
L’Iran a balayé lundi cette menace de couper ses dernières «lignes de survie», y voyant un «aveu de défaite» des États-Unis, près de six mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. Scott Bessent a également affirmé sur X que les États-Unis avaient «démantelé les capacités militaires de l’Iran, détruit près de 100% de ses usines militaires et mis fin à son programme nucléaire».
«Votre discours ne tient pas la route», a rétorqué Kazem Gharibabadi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, demandant pourquoi, si Washington avait atteint de tels objectifs, il serait nécessaire de procéder «à “la plus grande invasion financière de l’histoire” et de mobiliser “toutes les institutions et tous les pouvoirs” des États-Unis». «S’agit-il d’une victoire ou d’un aveu de défaite de la part des États-Unis ?», a-t-il feint de s’interroger.
Washington a averti que «tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes». Symétriquement, l’Iran a menacé de représailles tout pays qui se joindrait aux sanctions américaines, qu’il qualifie de «terrorisme économique». La Chine, partenaire économique stratégique de l’Iran, a estimé que les «sanctions et la pression» américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit.
Les Émirats arabes unis ont eux annoncé mardi suspendre jusqu’à nouvel ordre «tous les échanges commerciaux et les transactions financières» avec le pays. Au cœur du conflit, le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, au prix d’une envolée des prix du pétrole et d’une pression accrue sur Donald Trump aux États-Unis, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.
L’Iran a exclu tout retour à la situation d’avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d’un accord sur les modalités de son passage avec Oman, l’autre pays riverain. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran. Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, dont le pays joue les médiateurs dans le conflit, doit par ailleurs avoir des entretiens lundi à Téhéran avec des responsables iraniens.
En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu que le pays faisait face à «de nombreuses difficultés économiques», après des décennies de sanctions américaines et internationales. «L’Iran devrait faire des compromis dès maintenant», estime Sarah Hassanbeigi, une pharmacienne interrogée par l’AFP à Téhéran. «La situation est vraiment très difficile. Je ne pense pas que les gens puissent supporter cela beaucoup plus longtemps.»
Le 22 juillet, l’inflation atteignait 66% sur douze mois dans le pays, contre 46% en février et la monnaie nationale poursuit sa dégringolade: un dollar s’échangeait la semaine dernière à 1,88 million de rials, contre 1,65 million juste avant le conflit.
Et selon la société de suivi maritime Kpler, le blocus américain déjà imposé aux ports iraniens a entraîné une chute des exportations pétrolières de l’Iran, passées de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, leur plus bas depuis le début du conflit. «Nous devons accroître notre puissance (...). Plus cette puissance sera élevée, moins il y aura de risques de guerre et d’attaque», plaide toutefois pour sa part Bagheri, 65 ans - qui n’a pas souhaité donner son nom de famille - depuis la capitale iranienne.