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Moyen Orient 5 min de lecture

Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump annonce une reprise des négociations avec l'Iran, le pétrole chute

Source: Les Echos:::
Donald Trump à bord d'Air Force One et face aux journalistes à qui il annonce une reprise des négociations avec l'Iran. (Photo Jacquelyn Martin/Ap/SIPA)
Donald Trump à bord d'Air Force One et face aux journalistes à qui il annonce une reprise des négociations avec l'Iran. (Photo Jacquelyn Martin/Ap/SIPA)
Ces nouveaux pourparlers auront lieu dès ce lundi a affirmé sans plus de précision le président américain. Téhéran ne confirme pas mais a indiqué dimanche soir être proche d'un accord avec Oman sur la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Par Claude Fouquet

Une fois de plus le Moyen-Orient vit au rythme des déclarations et des changements de ton de Donald Trump. Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure (à un niveau sans précédent depuis la seconde guerre mondiale, selon lui), puis avoir annoncé y renoncer, le président américain a affirmé dans la nuit de dimanche à lundi une reprise des négociations avec l'Iran. Laissant entendre que ce sont les menaces d'attaques américaines qui ont fait changer d'avis Téhéran.

« Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme », a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel. Ajoutant, sans plus de détails que « ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation. » Avant de préciser simplement que ces discussions doivent commencer lundi après-midi.

Détroit d'Ormuz : des progrès entre l'Iran et Oman…

Une déclaration qui n'engage que lui puisque, jusqu'à maintenant, ni Téhéran ni les pays médiateurs n'ont confirmé la tenue de ces discussions. Bien au contraire. « Nous ne négocions pas avec les Etats-Unis » a affirmé ce lundi lors d'un point presse, le porte parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismaïl Baghaï. Ajoutant pour l'occasion que son pays ne prévoit pas d'envoyer ou d'accueillir de délégations « ces jours-ci ».

Comment expliquer alors le revirement et l'adoucissement de ton de Donald Trump ? A entendre le locataire de la Maison-Blanche, ce sont les apparentes avancées sur la question du détroit d'Ormuz qui ont pesé dans la balance. Et notamment le fait que, dimanche soir, Téhéran a laissé entendre être proche d'un accord avec Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit.

« Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité », a alors déclaréIsmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Selon la chaîne Al Jazeera, à nord d'Air Force One, le président américain a de fait abondé dans ce sens en expliquant au journalistes présent à bord laissé entendre qu'il avait renoncé aux frappes parce que l'Arabie saoudite lui avait indiqué qu'un accord, concernant le détroit d'Ormuz, était « imminent ».

… mais cela ne signifie pas que le détroit va rouvrir, avertit Téhéran

Si la raison semble suffisante pour le président américain (même si la question du nucléaire iranien, reste en suspens) du côté de Téhéran l'histoire qui est racontée depuis dimanche soir diffère quelque peu de celle du locataire de la Maison-Blanche.

Lors de son point presse de ce lundi, Ismaïl Baghaï ne laisse pas réellement espérer un déblocage du détroit d'Ormuz comme le souhaite le président américain. D'une part, selon le responsable iranien, l'accord en cours de discussions avec Oman est « temporaire. » D'autre part, il ne constitue pas une condition suffisante pour une réouverture du détroit. Rien ne changera dans le détroit tant que « Washington poursuivra son agression et son blocus naval », a-t-il en effet martelé.

Incertitudes persistantes

Pour autant, sur les marchés pétroliers, les investisseurs ont rapidement pris acte des déclarations du président américain et de Téhéran et du fait que l'OPEP+ a une fois encore légèrement ouvert son robinet.

Et en début de journée, en Asie, le baril d'or noir le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, reculait de 5,16 % à 83,39 dollars. Au même moment, son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait près de 6 % à 79,66 dollars.

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Une baisse qui ne compense pas cependant l'envolée constatée depuis près d'un mois et imputable à la reprise des frappes américaines pendant près de deux semaines. Les deux contrats pétroliers ont en effet pris près de 20 % au cours du mois de juillet. Quant au gaz naturel européen, il perdait jusqu'à 6,3 % en début de séance asiatique

Sans oublier que les opérateurs restent finalement très prudents, tant ils sont désormais habitués aux rebondissements et sautes d'humeurs du président américain. « La question principale est de savoir si cette semaine va se transformer en une répétition de la précédente, avec l'espoir d'un accord qui s'effondre alors que l'Iran campe sur ses positions et continue d'exploiter son contrôle sur le détroit, potentiellement par une attaque contre une base américaine ou un pétrolier transitant par cette voie navigable », résume Tony Sycamore, analyste de marché chez IG.

Et comme pour étayer ses craintes, dans la nuit de dimanche à lundi, l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait rapporté qu'une explosion avait eu lieu près d'un pétrolier dans le détroit. Un navire qui, selon certaines sources, empruntait la route du Sud, au large d'Oman, qui est sous protection américaine et qui est contestée par Téhéran.

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